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Harry Daniels

06/12/2012

Harry Daniels, un charismatique chef Métis, est né le 16 septembre 1940, à Regina Beach, Sask., et est décédé le 6 septembre 2004 à Regina à l’âge de 63 ans. Il a travaillé pendant plusieurs années aux échelons local, national et international, au nom des peuples autochtones. Sa contribution est remarquable et son héritage est toujours vivace.

M. Daniels a été président du Conseil national des Autochtones du Canada (CNAC) qui allait devenir le Congrès des peuples autochtones de 1975 à 1981 et de nouveau de 1997 à 2000. Le Congrès des peuples autochtones est le porte-parole national des Métis, Inuits du Sud et Indiens inscrits et non inscrits du Canada entier. En tant que président, M. Daniels a joué un rôle prépondérant dans la reconnaissance des droits autochtones et issus de traités dans la Loi constitutionnelle de 1982 et, en particulier, en négociant l’inclusion des Métis.

Nations fondatrices
Harry Daniels a remis en question la notion des deux peuples fondateurs du Canada, soit les Français et les Anglais. En 1978, avant que le groupe d’étude sur l’unité canadienne n’ait déclaré que les Métis, en raison des actes du Gouvernement de la Rivière Rouge, étaient « le seul groupe fondateur Canada ayant un passé d’indépendance politique nationale avant de se joindre à la Confédération ».

M. Daniels considérait les Métis comme un groupe culturel distinct qui conjuguait les cultures européennes de l’Ancien Monde avec les cultures du Nouveau Monde, créant un nouveau peuple culturellement distinct. Ce concept a été repris par John Ralston Saul dans son livre A Fair Country: Telling Truths about Canada (Mon pays Métis : quelques vérités sur le Canada). À mesure que le Canada s’engage dans le multiculturalisme, de plus en plus de groupes ethniques se marient entre eux et engendrent des enfants d’origine mêlée. Les Métis ont été le premier nouveau groupe culturel distinct et forment un groupe minoritaire national historique au Canada et ainsi sont une nation fondatrice du Canada. Le professeur et philosophe politique canadien bien connu, Will Kymlicka, dans son livre Politics in the Vernacular, étudie le concept des groupes minoritaires nationaux et s’intéresse particulièrement à leur rôle au sein d’un État multiculturel. Harry a été un précurseur de cette idée.


La Constitution de 1982
L’importance de l’inclusion des Métis dans la définition des peuples autochtones du Canada de la Loi constitutionnelle de 1982 ne saurait être sous-estimée. La partie II, paragraphe 35 (2) le stipule : dans cette Loi, « Peuples autochtones du Canada » inclut les Indiens, les Inuits et les Métis du Canada. Ce simple énoncé représente plus d’un siècle de luttes et d’heures de travail incalculables de la part des chefs autochtones, du CNAC et de Harrry Daniels. Ce simple énoncé inscrit dans notre Constitution revêt une importance capitale quant à l’avenir de tous les Autochtones du Canada.

La vie de Harry a été brève, mais son combat pour la justice envers les Métis et les Indiens non inscrits n’est pas terminé. Actuellement, la Cour fédérale entend une poursuite initiée en 1999 par Harry Daniels et le Congrès des peuples autochtones. Cette poursuite pourrait avoir une incidence capitale sur les relations entre le gouvernement du Canada et les Autochtones du Canada. La cause fondée (Daniels c. Canada) recherche la reconnaissance de trois principes fondamentaux, que voici.

  1. Les Métis et les Indiens non inscrits (MINI) ont des Indiens au sens du paragraphe 91(24) de la Loi constitutionnelle de 1982.
  2. L’État doit aux Métis et aux Indiens non inscrits un devoir fiducial en tant que peuples autochtones.
  3. Le Canada doit procéder à des négociations et à des consultations avec les Métis et les Indiens non inscrits, sur une base collective, par l’entremise des représentants de leur choix, en regard de leurs droits, intérêts et besoins en tant que peuples autochtones.

Peu importe les résultats de la poursuite, il s’agit d’un moment historique pour tous les Métis et les Indiens non inscrits. C’est le point culminant d’une vie de travail consentie par Harry Daniels et de sa recherche d’une justice sociale pour les Métis et les Indiens non inscrits du Canada.

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